août 2026
Saison 15
– Épisode 7

Et pour nous,
ça change quoi ?

Billet d'humeur

Le réel contre attaque

Cet été, la physique a fait mieux que la politique : elle s’est imposée. Sans débat. Sans plateau. Sans porte-parole. Feux, tornades, chaleurs hors format, puis, comme un clin d’œil cosmique, une éclipse solaire venue rappeler que même le ciel peut nous couper la parole. Nous pensions encore piloter le récit ; la nature, elle, a repris la main sur le décor.

Le plus frappant n’est pas seulement la violence des éléments. C’est l’humiliation discrète qu’ils infligent à notre vieux logiciel de maîtrise. Nous aménageons, nous corrigeons, nous compensons, nous « adaptons ». Bref, nous posons des rustines sur l’indomptable. C’est utile, bien sûr. C’est même nécessaire. Mais cela ne règle rien de cette évidence : notre pouvoir sur le réel reste une compétence administrative.

Reste la nature humaine, fidèle à elle-même : agir sur les effets, discuter sans fin des causes, et baptiser « plan d’action » ce qui ressemble parfois à un aveu d’impuissance. L’époque voulait dominer les éléments ; la voilà priée de redescendre sur Terre.

La campagne marquante

GLUCKSMANN SUR TF1 : UN CANDIDAT, DEUX DÉPARTS

Dimanche 23 août, Raphaël Glucksmann a choisi le 20 heures de TF1 pour officialiser sa candidature à l’élection présidentielle. Un choix classique pour entrer dans la course à l’Élysée, mais redoutablement efficace pour entrer dans les foyers, y compris de ceux qui regardaient habituellement France 2.

L’entretien a réuni 5,56 millions de téléspectateurs et 35,8% de part d’audience : la deuxième meilleure audience de l’année et la meilleure part historique pour une interview politique dans le JT du week-end de TF1. Sur l’ensemble de son édition, la Une a rassemblé 5,19 millions de personnes, contre 2,85 millions et 19% pour France 2.

Un succès qui rappelle celui de Marine Le Pen, venue annoncer sa candidature sur le même plateau en juillet, devant 6,8 millions de téléspectateurs, avec un pic à 7,4 millions. Deux candidatures, deux cartons : pour se lancer dans la présidentielle, TF1 est désormais the place to be. La chaîne fournit le plateau, la gravité républicaine et, si besoin, quelques téléspectateurs prélevés directement chez la concurrence.

Le suspense était relatif. Depuis plusieurs jours, la venue de Raphaël Glucksmann était présentée comme le moment probable de son officialisation. Paris Match avait même préparé le terrain avec des photographies du couple Glucksmann-Salamé en Corse : le candidat surpris en vacances, face à la mer et, par un heureux hasard, face à l’objectif.

Sur TF1, l’eurodéputé a déroulé le kit présidentiel : gravité du moment, menace de l’extrême droite, dépassement des divisions et sens du devoir. « Face à un tel choix, je ne pouvais pas rester à l’écart », a-t-il expliqué, tout en confirmant sa participation à la primaire sociale-démocrate. L’appel de la nation, avec passage préalable par les urnes du PS.

Mais avant même de quitter les locaux, le candidat avait déjà tourné une seconde annonce pour Instagram. Seul face caméra, il reprend son message dans un format plus intime et direct. Cette vidéo a enregistré davantage de vues que l’extrait de l’annonce officielle publié sur ses propres réseaux. Il y retrouve sa communauté la plus importante, tout en continuant de boycotter la plateforme chinoise TikTok, qu’il critique pour ses effets sur le débat public. Il en reprend néanmoins les principaux codes : verticalité, regard caméra, émotion et spontanéité méticuleusement préparée. TikTok, non merci ; la tiktokisation du récit, pourquoi pas.

TF1 fabrique l’événement ; Instagram fabrique l’intimité. Il ne manquait plus qu’un post LinkedIn pour annoncer qu’après mûre réflexion, Raphaël était ravi de partager sa prochaine aventure.

Cette mécanique très bien réglée produit néanmoins un dommage collatéral : Léa Salamé, compagne du candidat et présentatrice du 20 heures de France 2. Alors qu’elle devait retrouver son fauteuil dès le lendemain, Raphaël Glucksmann a choisi la concurrence pour annoncer la décision qui l’en ferait sortir. La journaliste n’était pas elle-même à l’antenne ce dimanche, mais le dernier JT de France 2 avant son retrait a subi l’événement organisé en face : TF1 gagne 5,3 points en une semaine, tandis que France 2 reste sous les 20%.

Double peine : Léa Salamé perd son journal et sa chaîne perd les téléspectateurs partis regarder pourquoi elle allait le perdre.

La journaliste s’était engagée à se retirer dès sa nomination. «  S’il est candidat, je sors de l’antenne », avait-elle déclaré devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Elle a donc annoncé s’effacer du JT « partout où se tiendra la campagne », afin de protéger la rédaction de tout soupçon de conflit d’intérêts. Jean-Baptiste Marteau la remplacera, tandis qu’elle conservera Quelle époque !, sans y recevoir de responsables politiques.

Dans les médias comme sur les réseaux sociaux, les conséquences de la candidature sur la carrière de Léa Salamé ont rapidement éclipsé les propositions du candidat. Découverte pour Raphaël Glucksmann : on choisit son plateau, rarement le sujet qui en sort.

Trois lectures se sont opposées : ceux qui saluent une décision déontologique indispensable ; ceux qui jugent problématique que la carrière d’une journaliste dépende des ambitions de son compagnon ; et ceux qui soupçonnent, quoi qu’il arrive, un mélange des genres. Léa Salamé semble condamnée à avoir tort avec une remarquable régularité.

La discussion a gagné France Inter dès le lendemain. Invitée du Débat de la Grande Matinale face à Ruth Elkrief, Marlène Schiappa s’est dite « très choquée » : « Nous sommes en 2026 et une femme n’a pas à se mettre en retrait pour la carrière de son compagnon. » Selon elle, Léa Salamé aurait dû rester à l’antenne, sa déontologie n’ayant jamais été remise en cause.

Reste un symbole délicieusement rétro : monsieur entre dans la lumière, madame s’efface pour préserver l’institution. Certes, Léa Salamé avait elle-même fixé cette règle et son retrait protège légitimement l’indépendance de la rédaction. Mais en 2026, la candidature demeure conjugale dans ses conséquences, beaucoup moins dans ses bénéfices.

Ce qu’on en retient

Raphaël Glucksmann réussit son lancement : une forte audience, une stratégie numérique cohérente et un dispositif conçu pour passer du grand écran au petit. Mais le « feuilleton Salamé » s’impose déjà devant ses premières propositions. La campagne était politique ; Internet en a fait une comédie conjugale.

La séquence démontre surtout que le 20 heures reste une formidable machine à fabriquer du présidentiable. Marine Le Pen puis Raphaël Glucksmann l’ont compris : avant de gagner des voix, il faut déjà gagner la bataille de la télécommande. Et sur ce terrain, TF1 mène pour l’instant la campagne, y compris contre la chaîne de la compagne du candidat.

Qu'aurait dit Cléopâtre ?

« Il rêve de présider la France ;
elle commence par ne plus la présenter »

La réalisation du mois

VOLTAIRE AVOCATS : UNE RETOMBÉE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Une réaction dans un article, puis une interview, deux chroniques sur franceinfo et, bientôt, un podcast consacré au droit du travail ainsi que des émissions qui laissent davantage de temps à l’expertise.

En relations presse, les formats longs tombent rarement du ciel : ils se gagnent, marche après marche. Il faut d’abord convaincre un journaliste que le porte-parole connaît son sujet, puis qu’il sait l’expliquer et, enfin, qu’il peut tenir un micro, un plateau ou un épisode entier sans perdre son auditoire en route.

Cet été, David Guillouet, avocat associé chez Voltaire Avocats, a franchi une nouvelle marche en participant à deux épisodes de C’est mon boulot, la chronique de Sarah Lemoine sur franceinfo : jusqu’où va la liberté d’expression avec son DRH ? et Quelles sont les limites à l’humour bien gras en entreprise ?

Deux chroniques et deux sujets que chacun peut rencontrer dans sa vie professionnelle, avec seulement deux minutes trente, à chaque fois, pour expliquer ce que le droit autorise… et où il pose ses limites.
Mais ces cinq minutes d’antenne racontent surtout cinq années de travail. Depuis 2021, nous construisons la présence médiatique de Voltaire Avocats selon une logique simple : chaque prise de parole doit préparer la suivante.

Les premières réactions à l’actualité permettent de démontrer la disponibilité des avocats, tandis que les interviews courtes installent leur capacité à répondre clairement. Au fil du temps, les sollicitations régulières créent des habitudes de travail avec les journalistes, jusqu’à ouvrir la voie à des formats dans lesquels le porte-parole n’est plus seulement cité, mais choisi pour porter le sujet.

C’est mon boulot illustre parfaitement ce changement de statut.

Tout au long de l’été, Sarah Lemoine s’intéresse aux litiges ayant opposé salariés et employeurs. Elle part d’une décision de justice, sollicite un expert, puis transforme son éclairage en une chronique courte, précise et accessible.
L’exercice paraît simple, mais il ne l’est pas. En deux minutes trente, pas de place pour une consultation complète ni pour un détour par les dix dernières décisions de la Cour de cassation. Il faut donner la règle, expliquer sa limite et trouver la phrase qui restera à l’antenne.

Un même échange avec David Guillouet a ainsi permis de nourrir deux chroniques distinctes. Deux sujets différents, mais une même preuve : l’avocat maîtrise suffisamment son expertise pour la rendre immédiatement utile au grand public.

Et le public est bien au rendez-vous. franceinfo est la troisième radio de France, avec 4,7 millions d’auditeurs quotidiens. Elle est aussi la deuxième radio la plus écoutée par les cadres supérieurs et les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées. À l’audience de la radio s’ajoute ensuite la durée de vie du replay sur le site de franceinfo et les plateformes de podcast.

Surtout, l’ascension ne s’arrête pas là.

Après les interviews et les chroniques viennent désormais les formats plus longs, avec une participation à Mieux dans ma boîte, puis un podcast de Courrier Cadres consacré au droit du travail, actuellement en préparation. Autant d’espaces dans lesquels les avocats du cabinet peuvent dépasser le commentaire d’actualité pour installer une parole, un ton et une véritable relation avec l’audience.

C’est là que se situe notre travail : ne pas considérer une belle retombée comme une ligne d’arrivée, mais l’utiliser comme une preuve pour viser le palier suivant. Une citation démontre la pertinence, une interview installe la pédagogie, une chronique confirme la confiance et un podcast consacre la légitimité.

Certains rêvent peut-être de raconter leur parcours pendant deux heures au micro de Guillaume Pley dans LEGEND. Mais avec 70 000 euros à investir dans votre visibilité, appelez plutôt Ozinfos : pour le même budget, nous vous accompagnons toute l’année, avec une présence régulière dans les médias et des prises de parole choisies… pas simplement achetées.

Ce qu’on retient

Une retombée se compte, mais une trajectoire médiatique se construit. Notre métier vise justement à transformer chaque prise de parole réussie en marche vers la suivante.

Vos experts ne sont pas (encore) rappelés par les rédactions ?
On en parle pour trouver un plan d’actions.

Nos suggestions pour les curieux

Occupied

Vue en 2015, la série paraissait brillante ; revue aujourd’hui, elle semble surtout prémonitoire. La Russie occupe une Norvège pétrifiée, l’Europe consent, et chacun hésite entre résistance de principe et collaboration de confort. Le plus glaçant n’est pas l’invasion : c’est sa douceur apparente. Une leçon parfaite sur la force, quand elle avance en costume.

Sous contrôle

Une directrice d’ONG propulsée ministre : sur le papier, le réel entre au gouvernement. En pratique, c’est souvent la communication qui gouverne le réel. Sous contrôle réussit une satire très française : montrer comment l’humanitaire se cogne aux éléments de langage, et comment le bon sens sort rarement vainqueur des cellules de crise.

Et pour vous, quelle série raconte le mieux le pouvoir aujourd’hui ?
Réponse en 300 signes max à marie@ozinfos.com : on publie la meilleure dans la prochaine édition !

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